Procès Bonaparte

Le procès de Pierre Bonaparte
Un événement historique méconnu

«Rechercher la vérité, avec une froide et inébranlable impartialité, telle est la mission de la Justice. Reproduire loyalement le débat qui va s’engager, telle est celle de la Presse.» (Journal d’Indre-et-Loire. 21 mars 1870)

A l’initiative des Archives Départementales d’Indre-et-Loire, en partenariat avec l’Université de Tours, l’Ordre des Avocats de Tours et l’Intime Compagnie, un groupe formé de vingt-huit acteurs professionnels et amateurs va faire revivre le procès historique qui s’est tenu en mars 1870 devant la Haute Cour de Justice délocalisée pour la circonstance à Tours.

Cette manifestation faite en collaboration avec la Faculté de Droit et le Barreau aura lieu dans le cadre de La Nuit du Droit organisée depuis 2018 à l’initiative du Conseil Constitutionnel.

Ce procès est exemplaire car il pose la question de l’indépendance de la justice dans l’appréciation d’une situation de légitime défense. Il pose aussi la question du doute quant à la preuve rapportée de la culpabilité et de son ampleur, ainsi que de la nécessaire sérénité des juges dans un contexte social troublé.
Acquittement ou condamnation, la question restera en suspens jusqu’au verdict. Elle sera à nouveau posée 151 ans plus tard au public qui viendra participer à cette plongée dans le passé judiciaire de la Touraine.

Le 21 mars 1870 la Touraine devient le centre d’actualité de la France

Le 10 janvier 1870, le journaliste Victor Noir est tué à Auteuil par Pierre Bonaparte, neveu de Napoléon 1er et cousin de Napoléon III, dans son hôtel particulier, alors qu’il venait en qualité de témoin pour envisager un duel en raison d’un article de journal jugé diffamatoire. Pierre Bonaparte est arrêté mais, pour des raisons de sécurité et de risques de débordements politiques entre républicains et bonapartistes, le procès est délocalisé à Tours. Il se tient devant la Haute Cour de justice, seule habilitée à juger un prince de la famille impériale.

Les rapports de police concernant la surveillance des voyageurs dans les hôtels, conservés dans les Archives d’Indre-et-Loire, nous indiquent le nom des journaux venus couvrir l’affaire : La Gazette de France, le Gaulois, le Petit Journal, mais aussi le Daily Telegraph, dont le correspondant est venu de Londres spécialement. Un journal, La Marseillaise, dont le rédacteur en chef est Henri Rochefort, opposant acharné à l’Empire, déplace même l’ensemble de la rédaction à Tours. Il faut dire qu’une partie des personnes impliquées dans le procès travaille pour La Marseillaise.

Un portrait peu élogieux des habitants de Tours y figure aussi : « Le caractère dominant du Tourangeau est la placidité et parait très peu flatté de l’honneur qu’on lui fait en choisissant sa ville pour y juger un prince. Les seuls tourangeaux qui ont accueilli la Haute Cour de justice avec chaleur sont les hôteliers».

Si cet épisode tourangeau n’est pas resté très présent dans les mémoires, le nom de Victor Noir est plus connu, car le gisant de sa tombe au cimetière du Père-Lachaise à Paris est devenu au 20esiècle l’objet d’un culte particulier.

Le compte-rendu historique de ces six jours de procès, transcrivant intégralement, les propos échangés entre la Haute Cour et l’accusé, l’intervention des témoins, des experts, les plaidoiries des avocats et le réquisitoire du procureur général ont été fidèlement repris pour offrir en une heure quarante l’essentiel de cet événement. Par nature, le texte d’un procès se prête particulièrement à la forme théâtrale. Dialogues incisifs, répliques percutantes, rires et émotions ponctuent cette représentation.
Cette reconstitution, dans un décor et avec des costumes contemporains, s’attache à faire revivre les enjeux de l’époque à travers les relations passionnées d’un procès qui au-delà de celui d’un « simple Bonaparte » est aussi celui du Bonapartisme tout entier.


Texte de l’adaptation: Jean Michel Sieklucki
Direction: Claude Gallou
Le président de la Haute Cour de Justice: Jean Michel Sieklucki
Le prince Pierre Bonaparte: Alain Leclerc
Le procureur général: Thierry Vermote
Le narrateur et l’huissier: Claude Gallou
Maître Laurier, avocat de la famille Noir: Vincent Cottereau
Maître Demange, avocat de Pierre Bonaparte: Quentin Gentilhomme
Ulric de Fonvielle, journaliste à La Marseillaise: Pascal Dabouis
Paschal Grousset, journaliste à La Marseillaise: Yoann Gillet
Le greffier: Alain Bénard
Le commissaire Roidot: Philippe Mercier
Jean-Baptiste Milière: Philippe Ottavy
Elizabeth Gilet: Camille Lingelser
Théodore de Grave: Sébastien Chevereau
Charles-Honoré Pinel: Jean-Yves Leterme
Jean-Louis Morel: Philippe Carré
Isidore Villion: Jean-Bernard Ach
François-Alexis Jobard: Philippe Pincelauche
Rimbaux: Pascal Chicoisne
Ambroise Tardieu: Gilles Michaud
Henri de Rochefort: Nicolas Peineau
Eugénie Noir: Annaïck Nicolazic
Edouard Siebeker: Emmanuel Roux
Capitaine Touchet: Patrick Lailler
Assesseurs: Pierre Warmé, Michel Sabourault, Paul Veyssière, Rémy Riant
Dessinateur: Philippe Delord
Le Haut-Jury: Sophie Auconie, ancienne députée(présidente), Sophie
Métadier
,Fabienne Colboc, Sabine Thillaye, Philippe Chalumeau, Daniel
Labaronne
(Députés d’Indre et Loire) – Isabelle Raymond-Pavero, Serge
Babary
et Pierre Louault (Sénateurs d’Indre et Loire). Françoise Marie,
Alain Michel et Gérard Guégan (Défenseurs des droits en Indre et Loire)

Renseignements et réservations : 06 86 95 67 02/ intime.cie@gmail.com